Seriously : la plateforme pour désamorcer les discours de haine en ligne

En 2015, Renaissance Numérique a initié sa première incubation d’un outil de mise en capacité des citoyens : la plateforme en ligne Seriously (seriously.ong). En concevant cet outil visant à lutter contre la propagation des discours de haine en ligne, le think tank a démontré sa capacité d’anticipation sur une problématique qui est désormais au cœur du débat public. Renaissance Numérique accorde une importance particulière à cet outil, issu d’une démarche collaborative et qui redonne à l’Internet sa fonction première : le dialogue, le partage, l’accessibilité de l’information. Le projet Seriously est désormais porté par les CEMÉA.

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L’origine du projet

Lancé au lendemain des attentats de janvier 2015 en France par Renaissance Numérique, le projet Seriously vise à endiguer la dynamique haineuse qui prospère dans notre société et en particulier sur Internet.

Seriously part du constat que pour faire face à la haine en ligne, le droit et les outils de signalement – principaux leviers d’action à la disposition des internautes – ne suffisent pas. En effet, de nombreux propos haineux se situent dans une “zone grise”, c’est-à-dire à la frontière de la légalité, difficilement appréhendables par ces outils. Seriously vise ainsi à équiper les citoyens avec un outil – la plateforme en ligne seriously.ong – et une méthode complémentaires. Cette réflexion est partagée dans une note qui a pour objectif de décrypter les contours de ce phénomène complexe, devenu un problème de société majeur : “Agir face à la haine sur Internet dans une société collaborative” (juillet 2017).

Le projet Seriously a été présenté dans plusieurs instances internationales (Internet Governance Forum, Paris Peace Forum). En 2017, dans son rapport “Countering Violent Extremism and Radicalisation that Lead to Terrorism: Ideas, Recommendations, and Good Practices from the OSCE Region”, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) l’a promu parmi les bonnes pratiques de contre-discours à travers le monde.

Une démarche collaborative inédite

Le projet Seriously est le fruit d’une démarche collaborative inédite, qui a réuni une diversité d’acteurs, aux niveaux national et international : acteurs du monde associatif de la défense des droits et de l’éducation, du monde de la recherche et des institutions, plateformes numériques. Cette démarche s’est matérialisée par des actions communes, allant des ateliers de co-conception de l’outil jusqu’à la constitution d’instances de gouvernance. 

Ils ont soutenu le projet, dans le cadre de sa conception et/ou de son développement : AFPI, AFVT, Romain Badouard, Maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’Université Paris 2 Panthéon-Assas, Susan Benesch, Directrice du Dangerous Speech Project, Catherine Blaya, Professeure en sciences de l’éducation à l’Université Nice Sophia-Antipolis, CIPDR, Coexister, Conseil de l’Europe, DILCRAH, Maxime Drouet, Maître de conférences à l’Université Gustave Eiffel, e-Enfance, Facebook, Fonds pour le 11 janvier, Google, Marc Hecker, Directeur de la recherche de l’IFRI, Hoaxbuster, Léo Laugier, Doctorant à l’Institut Polytechnique de Paris, No Hate Speech Movement, Respect Zone, SOS Homophobie, SOS Racisme, Spintank, Twitter, Emmanuel Taïeb, Professeur en science politique à Science Po Lyon, UNESCO.

Ils étaient membres des instances de gouvernance :

  • Jérôme Adam, Producteur, J’en Crois Pas Mes Yeux ;
  • Justine Atlan, Directrice générale, e-Enfance ;
  • Romain Badouard, Maître de conférences en sciences de l’information et de la communication, Université Paris 2 Panthéon-Assas ;
  • Catherine Blaya, Professeure en sciences de l’éducation, Université Nice Sophia-Antipolis ;
  • Pauline Birolini, Responsable du Pôle juridique, SOS Racisme ;
  • Guillaume Buffet, Président, U Change ;
  • Andréa Cairola, Program Specialist à la Division de la liberté d’expression, de la démocratie et de la paix, UNESCO;
  • Maxime Drouet, Maître de conférences, Université Gustave Eiffel ;
  • Jérémy Falédam, Co-président, SOS Homophobie ;
  • Marc Hecker, Directeur de la recherche, Institut Français des Relations Internationales ;
  • Léo Laugier, Doctorant, Institut Polytechnique de Paris ;
  • Philippe Potentini, Responsable de la communication, Conseil de l’Europe ;
  • Emmanuel Taïeb, Professeur en science politique, Science Po Lyon ;
  • Nicolas Vanbremeersch, Président, Spintank.

Un outil et une méthode en ligne

Le projet Seriously consiste à la fois en une plateforme numérique (seriously.ong) et une méthode d’accompagnement des citoyens qui permettent de pacifier les échanges en ligne grâce à l’argumentation. Seriously propose ainsi de convertir les propos haineux en une démarche discursive, conduisant à la désescalade des invectives et à l’éveil de l’esprit critique.

Cette méthode repose sur un outil qui offre des arguments concrets et diverses approches comportementales (raisonnée, neutre, humoristique), à travers un parcours utilisateur intuitif construit autour de trois étapes :

  1. Des éléments factuels (données, graphiques, chiffres clés, etc.) pour cadrer la discussion ;
  2. Des conseils d’experts sur le plan émotionnel et psychologique, pour adopter la bonne attitude afin de dépassionner le débat ;
  3. Des ressources médias adaptées au format numérique (vidéos, images, études, etc.), pour illustrer l’argumentation.

Un projet désormais porté par les CEMÉA

Après quatre ans d’incubation en son sein, le think tank Renaissance Numérique a décidé de faire don de la plateforme aux CEMÉA (Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active), mouvement d’éducation nouvelle et d’éducation populaire. Il s’agit désormais de mettre cet outil au service du champ éducatif et d’en faire un levier tangible d’éducation à la citoyenneté numérique et au débat en ligne.

Les CEMÉA sont très impliqués sur la question de la formation à l’usage citoyen des médias et du numérique, notamment auprès des jeunes. L’enjeu est d’intégrer la plateforme Seriously à la fois dans la formation des éducateurs, animateurs, enseignants et de tout formateur ou formatrice travaillant avec des jeunes, mais aussi directement dans des ateliers et parcours d’éducation au numérique. 

Renaissance Numérique restera impliqué dans le devenir de la plateforme Seriously et accompagnera les CEMÉA afin qu’ils puissent se saisir pleinement de l’outil. 

 

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